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mercredi 1 février 2017

Nymphéas noirs // Michel Bussi

Présentation :
 Tout n'est qu'illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au coeur de l'intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit tout et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps.


Mon avis :
 C’est un polar qui rappelle forcément les histoires d’Agatha Christie, tant pas le décor policé, parfait, que par la construction de l’intrigue. Je ne vais pas m’attarder sur l’histoire assez bien présentée par le 4ème de couverture, ni sur l’attrait des personnages aussi attachants qu’agaçants. J’ai envie d’insister plutôt sur la construction de ce polar, sur l’effet manipulatoire de l’auteur parce que c’est ça, pour moi, la grande découverte en lisant mon premier Bussi. Sa capacité à contrôler le suspens , à nous imposer son idée des choses …

 L’histoire se déroule donc dans le village de Giverny, premier village normand après la région parisienne, notamment connu pour être le village du grand peintre impressionniste, Monsieur Monet ici nommé. Tout y est bucolique, comme figé dans sa perfection picturale pour répondre aux attentes de l’incessant flux touristique. Deux grandes rues, une école, un café, quelques commerces de proximité, un joli parc, un prés, plus loin, un lavoir, la demeure Monet, un étang, deux cours d’eau et … le moulin de la sorcière.
La description des lieux est parfaite, merci monsieur le géographe !

Le meurtre peut donc entrer en scène.

L’histoire s’ouvre sur une prise de parole, comme une voix-off qui interviendra tout au long du livre tous les 3-4 chapitres. Cette voix c’est la vieille. La sorcière du village. Elle sait tout sur le mort. Elle sait tout sur les habitants de ce village pas si parfait. Elle connaît bien leurs secrets, leurs travers, leurs faiblesses. Elle sait tout, nous suggère aisément mais ne nous dit rien, la chipie.
Les flics trouvent donc un corps. Le cadavre d’un ophtalmologue respectable quoiqu’infidèle notoire. Quelque chose dérange les inspecteurs : le mode opératoire est étrange, triple en fait. Comme si plusieurs personnes, 3 exactement étaient intervenues sur le cadavre. Trois modes opératoires. Trois pistes qui se dessinent.

Les dés sont jetés, la manipulation Bussi peut commencer !

Parce que cet auteur est génial, il nous manipule de la première à la dernière page. Il nous ballotte, nous laisse à penser que, mais revient sur son indice en en glissant un autre qui semble meilleur avant de le retirer à nouveau. Ça ne vous rappelle rien ? Il était une fois Dix petits nègres … et un déroulé aussi déroutant que frustrant. L’effet Christie est de retour !
Pour ma part j’ai lu ce livre dans un état d’urgence parce que j’étais frustrée de ne pas comprendre. J’étais intimement convaincue que j’avais tout en mains, toutes les cartes, toutes les réponses sans les voir vraiment. J’ai rapidement compris deux choses : Bussi nous manipule et la vieille sorcière est capitale.
Bussi nous donne absolument toutes les informations, mais, d’une manière qui nous impose un seul et unique mode de compréhension, d’assimilation. Et nous passons à côté de la vérité tout au long du livre, en haleine et épuisé de n’avoir rien compris à cette affaire.
 
Jusqu’à cet épisode final. Quel final, quel coup de théâtre stupéfiant. C’est à la toute dernière page que le puzzle se termine.
Alors,  on a une vue d’ensemble, quelques secondes sont nécessaires pour réaliser ce qu’il vient de se passer dans ces 493 pages… Un sanglot s’étrangle lorsqu’enfin on comprend cette histoire.
Une fin aussi belle qu’infiniment injuste.
 
Une bien surprenante rencontre avec l'auteur Michel Bussi, chapeau bas Monsieur, vous m'avez bien eue !
 
 
Lu dans le cadre du café littéraire de la Médiathèque Alb'oru sur le thème du roman policier français.
 

6 commentaires:

  1. Magnifique chronique June ! c'est tout à fait ça ! Les ayant quasiment tous lus, je n'ai pas retrouvé la magie du premier, mais il y en a de très bons, comme gravé dans le sable qui m'a aussi beaucoup marqué. un excellent auteur !

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  2. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire mon article ;-) On m'a parlé de son dernier : Le temps est assassin. En plus l'action se situe en Corse !
    Merci pour le conseil de lecture en tous cas ce fut un vrai plaisir de le découvrir.

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    1. Eh bien ! il faut le tenter ... et je suivrai ta lecture de près !

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  3. Tes billets sont toujours un régal mais celui-ci plus particulier car il me touche. Mon roman préféré de l'auteur pour les raisons que tu invoques dans ton billet... Giverny, Monet , ce meurtre et ces femmes... Wahou. Je suis heureuse de l'avoir exprimé à l'auteur quand je l'ai rencontré. Il a ri , comme souvent et m'a dit que les avis étaient partagés sur ce livre. Quelle modestie.Ce roman est fabuleux. Je suis RAVIE que tu aies pu le découvrir.

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    1. Merci a toi, a licorne pour vos merveilleux conseils !
      Pour moi c'est une nouvelle exprerience de lecture que ce monsieur Aussi 😉

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  4. Quel joli billet.
    C'est sans conteste le roman de Bussi que j'ai le plus aimé! Un énorme coup de coeur pour moi!!

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